Le deuil du bébé parfait

  • -

Le deuil du bébé parfait

L’entrée dansimg_4679 le monde de la maternité ne se fait jamais vraiment sans encombre. Malgré les nombreux témoignages de mamans totalement épanouies que l’on voit sur le web, s’adapter à la vie avec un bébé a son lot de difficultés, même pour moi, qui ai eu la chance d’avoir une petite fille en parfaite santé, sans «colique» ou problème quelconque et qui n’a jamais pris le moindre antibiotique du haut de ses 5 ans.
Au 2e, j’avoue m’être attendue sensiblement à la même expérience. Bien sûr, j’appréhendais la réaction de ma Numéro 1, le fait d’avoir 2 fois plus d’ouvrage, mais j’étais prête à affronter tout ça avec ma belle confiance de maman d’expérience « qui était déjà passée par là ».

Je m’étais monumentalement trompée. Si ma fille était un long fleuve tranquille, fiston est plutôt la chute Niagara après l’orage du siècle.

Numéro 2 était « légèrement » différent. Les moments où il ne pleurait pas étaient si rares que lorsqu’ils arrivaient, c’était moi qui me mettais à pleurer de joie. Non, pas de bébé qui s’endort les bras ballants, la panse bien pleine de lait, la bouche légèrement entrouverte. Chaque once de tes biberons prenait plutôt des allures de combats comme dans un arène à essayer de te faire boire le plus assis possible pendant que tu me hurlais tes maux de ventre. Aucun moment magique même assise sur la chaise berçante avec mon petit amour collé contre moi. C’était plutôt d’innombrables soirées passées à marcher de long et en large à te tenir dans la seule position qui te soulageait, un peu, afin d »atténuer ton mal de vivre.

J’avais mis au monde un enfant avec le système immunitaire déficient. Baixin, Cefzil, Flovent, Tylenol, Advil étaient maintenant mes meilleurs amis et j’avais un thermomètre dans chaque pièce pour ne pas avoir à chercher un &!$%@$%$#%# de thermomètre à 3h30 du matin. Pour rester polie, c’est plutôt fâchant.

Je ne voyais plus la lumière au bout du tunnel. Je n’arrivais même plus à me projeter dans un avenir proche tellement j’étais embourbée dans nos problèmes. Où donc était passé l’équilibre de ma famille? Cette période de notre vie m’a semblé durer une éternité…

Même qu’un soir, après une journée qui s’était (encore) mal passée, je t’en ai voulu, l’espace d’une minute. Je t’en ai voulu pour quelque chose qui était tellement hors de notre contrôle, à tous, et c’est complètement horrifié par ma réaction que j’ai été me couchée, ce soir-là. Comment en étais-je arrivée là?

Chanceux dans notre malchance, j’ai rencontré une maman qui avait vécue pire et qui avait décidé d’aider, d’informer et de soutenir les familles dans notre cas. J’ai repris sur moi. Lentement, mais surement, nous avons trouvé des solutions. On s’est bâtit une nouvelle réalité et on s’est découvert une force qu’on ne croyait pas avoir. Le temps a passé, le débit de la chute Niagara s’est calmé, et je me suis réveillée un matin en me demandant comment, finalement, tout ça a passé si vite.

Je dirais qu’aujourd’hui, nous avons une relation particulière, presque fusionnelle. Comme si tu savais par quoi j’étais passée, toute l’énergie que j’avais fournie pour qu’on en arrive à ton bien-être actuel. Comme si les « Je t’aime » tout à fait gratuits que tu me lance, assis au coin de la table avec ton muffin maison sans lait, était ta manière de me dire merci. Maintenant que j’ai fais le deuil de mon bébé parfait, je recommencerais, demain matin, juste pour la chance d’avoir un autre enfant comme toi!

img_4678


Encouragez-nous!

MERCI ! Olimometer 2.52

Suivez notre Infolettre!

Suivez notre page Facebook!

Facebook par Weblizar Powered By Weblizar