Première lettre à ma fille !

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Première lettre à ma fille !

Pour toi, petit ange qui a maintenant six ans ! Ce soir, j’avais envie de t’écrire une lettre pour m’excuser… J’avais envie de te parler, toi petite Maïka, qui a encore la chance d’être là! J’avais envie de m’excuser pour tout ce que j’ai omis de te dire, de faire ou de penser en tant que nouvelle maman. Je ne savais pas que notre parcours serait aussi sinueux et rempli d’embûches. Te rappelle-tu ta première journée de vie? Malheureusement, moi non plus! Nous étions si éloignée, en train de mener un combat qui n’était pas prévu. Tu as su mener le plus beau des combats me permettant de te rencontrer à la fin de ta deuxième journée de vie.

Je m’excuse que les infirmières ont dû te brûler la gorge, l’estomac et l’intestin avec une préparation en poudre durant mon absence. Je n’étais pas là et elles ne savaient pas que tu étais allergique au lait. Tout ce qu’elles voulaient c’était te nourrir. Je m’excuse aussi d’avoir pleuré devant la machine qui a pompé mon lait pour te nourrir, mais c’était si humiliant. C’est toi qui devait être à ce sein. Je m’excuse de m’être levée de mon lit d’hôpital pour aller te voir dans la nuit parce que j’aurai peut-être été sur pied plus rapidement. Je m’excuse d’avoir insisté pour la mise au sein, à ta troisième journée de vie ne sachant pas que tu tomberais en arrêt respiratoire. Je voulais tant croire que mon allaitement se ferait naturellement et sans embûche. Je te fais, aussi, mes plus plates excuses quand l’infirmière qui prenait soin de toi a omis de prendre le diluant à colle pour retirer les adhésifs de ton soluté intracrânien et t’a épilé les cheveux violemment. Je m’en voudrai toute ma vie de ne pas lui avoir dit avant. Je m’excuse que tu refuses de porter des chapeaux à cause de cela ou de te brosser les cheveux. Enfin! Je te remercie de m’avoir choisi comme maman parce que là, je viens seulement de décrire notre première semaine ensemble alors que c’est toute une vie qui commence pour nous. Je vais, par contre, continuer dans les excuses encore un moment parce c’est avec toi que j’ai appris de mes multiples erreurs en tant que nouvelle maman. C’est avec toi que j’ai compris qui j’étais, qui je suis et qui je serai.

Je m’excuse d’avoir écouté les médecins (Je sais c’est drôle à dire, mais c’est ainsi), la nutritionniste et tous les autres qui disaient que ce mal-être était « normal ». Je poursuis donc en m’excusant de ne pas avoir été chercher de l’aide dans ma tristesse, ma solitude ou mon deuil. Une tristesse quasi insurmontable de tous ces échecs. Une solitude et une culpabilité cruelle et incompréhensible envers moi-même. Et le deuil, mon karma, ma punition, la conséquence de mes échecs, la fin de l’alimentation « normale » lorsque le régime nous a été imposé à ta sixième semaine de vie. J’ai pourtant cherché, mais je n’ai trouvé personne qui avais compris, qui pouvait comprendre, qui voulait comprendre. Les gens t’offrent un café, du lait. Tes amies t’appellent pour aller chez « Boston Pizza ». Tu raccroche. Tu retournes te coucher. Tu ne sors plus. Tu as peur des gens, de manger, des jugements. Puis vient Noël, le Jour de l’an, Pâques! La première année, tu ne penses pas que tu vas pouvoir manger quelque chose et tu es gênée d’apporter ton repas… Alors tu manges avant et après en refusant toute offre! Tu t’expliques sans cesse, encaisse les jugements, évite les regards, entends les murmures et attends, patiemment, que ton chum prenne ta défense. La deuxième année? C’est la pire… « Elle allaite encore? » « Sa deuxième a aussi des allergies! » « Juste une bouchée, ce n’est pas grave! »

Ma chérie! C’est tellement difficile de seulement croire en soi, de seulement croire que notre instinct est la voie à suivre, mais c’est ça! C’est simplement s’écouter, autant le cœur que la tête, et t’écouter, toi. C’était la solution. Lentement, on recommence à vivre quand ce mal-être disparaît. Et même si nous sommes encore seules, on a espoir de se créer un nouveau cercle de connaissance et se reconstruire socialement. Cela peut prendre des semaines ou des mois, mais c’est possible. Bon! Je pense arrêter les excuses, pour aujourd’hui. Je n’ai jamais cessé de chercher une solution à ton bien-être… et c’est sans excuse.

Aujourd’hui en 2019, tu ne souffres que d’impuissance affective. Je dis ça comme ça! Tu ne fais toujours pas toutes tes nuits, même à huit ans. Tu as encore l’air d’avoir mal. Tu ne veux pas être seule une seule seconde. Tu as besoin de pleurer souvent. Tu ne veux pas peigner tes cheveux, je comprends. Tu veux nous dire des choses que tu ne comprends pas.  Je pourrais m’excuser, tous les jours. Cependant, je vais simplement t’aimer, chaque seconde de ma vie.

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